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Entretien avec Laurent BOILLET - Moniteur puis Vice-président du TCG

Updated: May 16, 2021


Jeune, Laurent joue au tennis avec passion, accumulant vite de belles performances. Il participe à l’encadrement de l’école de tennis de 1984 à 1986 et est à l’origine de brillants résultats pour les jeunes gisorsiens en 1987. Sarah Roussy et Donatien Dumontier sont champions de Normandie, Romain Boizet et Romain Begnez champions de l’Eure. Laurent part au club des Andelys et obtient le Diplôme d’état de Moniteur de Tennis en 1989. Il revient à Gisors et prend en charge l’enseignement du tennis à Gisors de 1997 à 2003. Il permet aux jeunes de briller et de gagner de nombreux titres de champions de l’Eure et à l’équipe H1 de monter en division supérieure. En décembre 2003, il quitte son poste de Moniteur pour ouvrir une première agence immobilière. Attaché à son club d’origine, Laurent continue à jouer en équipes Seniors + et devient Vice-président du club, avec des avis très écoutés vu l’expérience acquise. Son opinion sur l’évolution du tennis en général et du club en particulier ne peut être que pertinente.


* Bernard VANNIER : Tu es né à Gisors en 1966 et tu as commencé tôt à jouer au tennis à Gisors, sur les 2 courts de la Ballastière. A quel âge, avec quelle formation et quels partenaires ?

- Laurent Boillet : J’ai commencé à jouer au tennis à l’âge de 13 ans. J’ai pris des cours avec André Bénazet (qui était un éducateur 2e degré passionné par le tennis) pendant deux ans. Mes premiers partenaires étaient Jean Prieur, Rino Cacciola, plus tous les passionnés qui côtoyaient les courts tous les weekends.


* BV : Fin 1982, ton niveau te classe 15e dans l’ « échelle de niveau des joueurs gisorsiens » du N°1 de la brochure du club. En 1984, tu es l’un des encadrants de l’école de tennis, le mercredi et le samedi après midi, avec Simone Guery, Prosper Disarbois, Gérard Clergeau et Jean Christophe Paris. Est ce dans cet environnement, que tu décides de t’orienter vers la profession de Moniteur de tennis ou plus tard?

- LB : En fait, dès que j’ai découvert le tennis, ma volonté était d’être moniteur de tennis. J’avais beau être débutant ou presque, je l’annonçais haut et fort. Ce sport me passionnait déjà. J’ai ensuite beaucoup pratiqué, analysé ce sport, afin de progresser. Cela m’a permis au fil de mes progrès de jouer contre des joueurs de plus en plus performants.


* BV : Lors des interclubs de l’été 1984, classé 15/3, tu joue déjà en 1ere série, dernier niveau avant le Championnat de France, avec l’équipe H1 (Bernard Vannier 15, Gérard Clergeau 15/1, Hendrik Bokdam et Michel Guery 15/3). Quel souvenir gardes-tu de cette époque ?

- LB : J’en ai d’excellents souvenirs. Intégrer l’équipe 1est toujours un honneur. Les joueurs précédemment cités étaient tous des joueurs qui ne lâchaient rien. Cela m’a permis rapidement de comprendre que la ténacité était une qualité nécessaire pour progresser.


* BV. : En avril 1986, pour l’inauguration du club-house, tu organises dans la salle Omnisport une belle démonstration des 15 meilleurs jeunes de l’école de tennis, devant 350 spectateurs, avant le match exhibition entre Didier Vitrey (-4/6) champion de Normandie Simple et Double et son partenaire de double Pierre de la Poterie. (-2/6). A la Pentecôte 1987, tu es parti mais les performances sont la : Romain Boizet est finaliste de l’Eure, Sarah Roussy et Donatien Dumontier sont champions de l’Eure Poussins 78 puis de Normandie. Pour le club gisorsien, ces 2 titres dans le même club, alors que la Ligue de Normandie comprend xxx clubs, resteront sans doute longtemps les plus brillants de son histoire, favorisée par une grande complicité entre eux et toi, l’entraineur. Quels ingrédients sont nécessaires pour une telle réussite ?

- LB. : La complicité entre les enfants, leurs parents, le club et moi était parfaite. Pour les enfants, le jeune moniteur de 21 ans était disponible. Je les entrainais au moins 3 fois par semaine. La confiance des parents et leur sympathie était de tous les instants. Les jeunes avaient de belles compétences que l’on avait exploitées au mieux de leurs capacités. Sarah Roussy avait notamment une excellente technique et frappe de balle ; Donatien à l’inverse, avait une technique plutôt sommaire, mais un courage et une ténacité hors norme pour son âge ; Romain Boizet une bonne technique et du relâchement.


* BV : Parti en 1986 au club des Andelys, tu obtiens ton diplôme d’état de Moniteur de tennis en 1989. Suite au départ d’Alain Mérignac, tu reviens à ton club d’origine en 1997. Comment juges-tu ces 8 ans ?

- LB : Ces années passées aux Andelys m’ont beaucoup apportées. Je suis arrivé dans un club ou il y avait toute l’école de tennis à structurer pour la première fois avec deux courts de tennis couverts flambants neufs et avec un moniteur. En quelques mois, nous sommes passés de 120 personnes à l’école de tennis à plus de 200 personnes. Les résultats sont arrivés très tôt, avec des champions de l’Eure dès 1990 : Anne-Sophie Michel qui sera championne de Normandie de nombreuses fois et Franck Michel finaliste de ce même championnat. Amélie Dubus a été championne de Normandie, et beaucoup d’autres ont rapidement occupés les places d’honneur, en individuel et en équipe. Les résultats en jeunes amenaient ce petit club au niveau des 10 meilleurs clubs au classement de la Ligue. Au vu des résultats, beaucoup de jeunes, dont certains de Gisors, m’ont rejoint aux Andelys. De plus, ce club très convivial organisait de belles fêtes avec plus de 120 participants. En 1997, j’ai ramené ce concept de grande soirée festive au club de Gisors, ainsi qu’une réorganisation de l’école de tennis dès ma prise de fonction.


* BV : A ton retour à Gisors, en 1997, à 31 ans, tu as le meilleur classement du club, à 5/6. Le Comité de l’Eure te nomme en plus « Moniteur Référent du Vexin normand ». Les inscrits à l’école de tennis remontent de 15%, de 197 à 230. Les titres reviennent vite, puisque l’été 1998, les 13-14 ans filles sont championnes de l’Eure avec Alexandra Voillot 30/1, Sabine Bellamy 30/2, Victoire Patin 30/4 et Maude Basset 30/5. Les 11-12 ans mixte sont Vice-champions de l’Eure (sur 50 équipes) avec Charlotte Lequen 30/1, Emilie Duval 30/3 (devenue depuis Monitrice de tennis à Etrepagny), Thomas Bonnet et François Cavael. Que t’inspires cette jeune génération, et quelle différence avec la génération de ta 1ere période de Moniteur à Gisors ?

- LB : Le groupe compétition s’est rapidement étoffé avec de très nombreux compétiteurs. Nous étions présents dans presque toutes les catégories, tant en individuel qu’en équipe. Il y avait beaucoup d’émulation entre tous ces jeunes. Nous organisions, avec l’aide de Romain Begnez, de Jean Philippe et d’Arnaud David de nombreuses actions, sportives ou ludiques, pour ces jeunes. Hormis le nombre de compétiteurs plus important dans la 2e période , tous venaient dans un bel esprit sportif et étaient passionnés par l’ambiance.


* BV : En 1999, dans la salle Arthur Ashe, avant l’exhibition du Tour de France féminin entre Sarah Pitkowski et Ghirardi, sous l’autorité de François Jauffret, ancien N°1 français, tu organises la démonstration de l’école de tennis, avec les meilleures jeunes du club. En 2001,3 équipes de jeunes sont championnes de l’Eure, les 11-12 ans mixte (avec Cécile Cavael), les 13-14 ans garçons (avec Thomas Bonnet 15/4 et François Cavael 15/5) et les 15-16 ans filles (Sabine Bellamy 15/3, Charlotte Lequen 15/4, Emilie Duval 15/5 et Maude Basset 30, qui seront ensuite toutes en équipe première seniors). En individuel, Cécile Cavael est championne de l’Eure en 2000 (des 12 ans), titre qu’elle conservera la saison suivante. En juillet, tu emmènes 20 des meilleurs jeunes en tournée à Bernières-sur-Mer pour jouer 3 tournois. Cela fait beaucoup de souvenirs. Quels sont les meilleurs, voire des anecdotes ?

- LB : De nombreux souvenirs d’esprit d’équipe. Les jeunes se supportaient entre eux, se surpassaient très souvent, avec des résultats variables. Les premières années, par souci d’économie, nous préparions les repas nous-même. Parfois quelques parents venaient nous rejoindre les weekends. C’étaient particulièrement convivial. En prime, il y avait 1 ou sorties bowling, foot…


* BV : L’école de tennis a une progression constante pendant 7 ans, 333 inscrits en 2003, contre 197 à ton arrivée ! Les initiateurs fédéraux (2e degré), Jean Philippe Nariana et Arnaud David t’aident bien, ainsi que Romain Begnez élève-moniteur. Tu arrache le titre de Champion de l’Eure des joueurs en 3e série et celui des + 35 ans. Et, le 1er octobre 2003, surprise, tu annonce ta démission effective au 1er décembre, pour prendre la responsabilité d’une agence immobilière. Une période de « galère » pour le président du club gisorsien à la recherche d’un remplaçant, introuvable en pleine saison et donc obligé de terminer la saison avec les éducateurs fédéraux du club, et des moniteurs extérieurs imposés par le syndicat des moniteurs. Comment as-tu vécu cette transition, de sportif très mobile sur les terrains à agent immobilier ?

- LB. : Un changement total. Apprendre un nouveau métier (dont j’avais uneidée assez précise), un investissement financier important, un changement de vie. En contrepartie, l’investissement total que j’avais précédemment a été reconduit dans cette nouvelle aventure.


* BV : Dans le bilan de ta carrière de tennis, quelles sont tes meilleurs performances ?

- LB : Mes meilleures performances ont incontestablement été meilleures en tant qu’entraineur avec les résultats sportifs mais aussi le coté fédérateur et animateur en tant que joueur. Je n’avais que peu de temps pour m’entrainer et jouer en compétition.


* BV : Tu as organisé plusieurs animations majeures lors de ta période de Moniteur au tennis club de Gisors, comme le rallye-auto ou des sketches lors des soirées du club à la salle des fêtes. Quels sont tes meilleurs souvenirs ?

- LB : Mes meilleurs souvenirs lors des animations l’ont été lors des grandes soirées. Jusqu’à 180 personnes ont participé à ces soirées avec des animations orchestrées par les jeunes, par des adultes, des sketches et des soirées dansantes. Malheureusement, malgré l’investissement sans compter de la Commission animations, ces soirées n’ont plus lieu par manque d’organisateurs. Dommage.


* BV. : Quel est ton avis sur la diminution des titres de Champion de l’Eure chez les jeunes à Gisors par rapport à ton époque d’enseignant puis celle d’Olivier Roy ?

- LB. : D’une part les petites catégories ne décernent plus de titres. D’autre part, pendant plusieurs années, les petites catégories ont été délaissées (cela n'est plus le cas depuis 2 ans), ce qui fait que le renouvellement n’a pas été assuré. L’équipe actuelle travaille pour raviver la performance chez les petits.


* BV : Que penses-tu du niveau de plus en plus élevé exigé par la F.F.T. pour que des jeunes bénéficient d’un entrainement fédéral ? Ainsi certains champions de Normandie ne sont même plus entrainés par leur ligue, ce qui me semble être pourtant sa mission.

- LB : je pense que la ligue et les départements devraient entrainer un plus grand nombre de jeunes (au minimum les 3 ou 4 meilleurs par catégorie pour étoffer la base). De cette base et de la compétition, en sortiront bien quelques joueurs. Je pense que c’est préférable plutôt que de tout miser sur un joueur. De plus, je suis toujours surpris du nombre d’heures d’entrainement demandées aux meilleurs joueurs (5 créneaux pour des top joueurs de 10-11 ans par semaine plus des compétitions).


* BV. : Quels sont tes joueuses de tennis et tes joueurs préférés, sur le plan national et au niveau mondial ?

- LB : Au niveau international : Roger Federer sans aucun doute. A ce jour, le tennis féminin est dans un creux par manque de personnalité et de constance des joueuses.


* BV : Quels changement effectuerait tu, si tu étais président de la FFT ou de la F.I.T.?

- LB : je n’y serais jamais et ne prétends pas prendre de fonctions. Je pense surtout qu’il faut arrêter la politique et mettre en place de vrais projets au niveau des clubs formateurs.


* BV : Merci, Laurent, pour tout ce que tu as apporté au tennis gisorsien, c’est-à-dire beaucoup, comme le révèle cet entretien.

- LB : C’est toujours la passion qui m’a guidée et j’ai énormément apprécié travailler dans ce contexte de loisirs tout en étant très sérieux et exigeant. Même si nous n’avons pas toujours été en accord, je tiens à mon tour à te remercier pour toutes ces années passées et pour tout ce que tu as fait pour le club.



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