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Entretien avec Jean Philippe NARIANA Moniteur de tennis et Responsable administratif au TCG

Updated: Jul 19, 2021

NB : Entretien réalisé dès fin 2016, en prévision d'une nouvelle édition du bulletin du club « Bruits de court », relu par Jean Philippe en février 2020. (2 photos)


Entre Jean Philippe Nariana et le club, la relation est affective et très forte. Ses 20 ans au T.C.G. ont été fêtés en 2018. Suivez son parcours, d’ « Emploi-Jeune» à Moniteur principal du club et responsable administratif. Un modèle d’engagement positif et de passion. Les dirigeants du club et beaucoup de membres qui le connaissent bien, seront d’accord pour dire que le club-house est sa 2e maison !


* Bernard Vannier : En 1997, un jeune homme de 23 ans (né le 4/4/1974 à Beauvais), tourne un panneau alternant vert et rouge, dans le froid, devant les travaux de la voute de Trie-Château. En lui offrant chaque jour un café, la conversation s’oriente vers le sport et la recherche d’un agent d’animation au club de tennis de Gisors. Revenu en 1997 d’une mission militaire du Gabon, après une mission à Sarajevo, caporal-chef au 6e RPIA parachutiste, possédant un diplôme de Travaux Publics, il est candidat à cette fonction, comme un jeune membre du club, classé, Laurent Chatelain. Le vote du Comité directeur choisit Jean Philippe, bien que non joueur de tennis, par 7 voix à 2 (dont celle de Laurent Boillet, qui avait formé Laurent Chatelain). Il est le 1er emploi jeune sportif de l’Eure signé par le préfet le 11/2/1998, pour un début le 1er mars. Quels souvenirs conserves-tu de tes premiers contacts avec le club ?


- Jean Philippe Nariana: A la suite de 2 années et demie sous les drapeaux, je me confrontais à un nouveau défi, être l’animateur d’un club de tennis ! Sport que je pratiquais 1 heure par an ! Un vrai challenge donc. Les dirigeants de l’époque, Thérèse Paris, André Bénazet, Michel Guéry et toi-même m’avaient semblé être très motivés et impliqués dans leur club. Je savais que j’intégrais une structure bien organisée. Le moniteur en place, Laurent Boillet, avait à cœur de dynamiser l’école de tennis et les animations. J’avais donc du travail, on m’attendait au tournant, moi l’illustre inconnu. J’avais tout à apprendre, tout à prouver. J’étais prêt à assumer, j’avais envie de bien faire, de ne pas décevoir.


* B.V. : Après avoir assuré la fonction d’agent d’animation au sein du club, avec ton diplôme de B.E.E.S.A.P.T., à la plus grande satisfaction des dirigeants du club, tu as vite progressé au classement, pour atteindre le niveau 15, nécessaire pour t’inscrire à la formation du monitorat de tennis à la ligue du Val d’Oise et d’obtenir le D.E.J.E.P.S. option tennis en septembre 2015. Comment as-tu vécu cette formation ?


- JP.N. : 16 ans après mon arrivée, un autre défi : il fallait boucler la boucle. A 40 ans je reprenais les études. Encore une fois je voulais assumer, concilier « formation - travail - vie de famille ». Un cocktail détonnant et fatiguant parfois. J’ai vraiment passé une année formidable, remplie d’enseignements avec des formateurs très professionnels. J’ai énormément appris sur les fondamentaux du tennis. Tenter de devenir un technicien de ce sport très technique. En revanche, concernant les modules, « gestion d’un club », j’étais considéré comme le 3e formateur (sourire : je peux le dire, j’ai des preuves écrites). J’ai apprécié les moments d’échanges entre stagiaires. Evidemment je n’oublie pas Fabien et

Lydie qui ont apporté chacun leurs connaissances pour obtenir ce diplôme. Sans oublier Albane, Stéphanie, Gwenaëlle et Vincent : mes élèves lors des épreuves techniques.


* B.V.: Quelle importance donnes-tu aux diverses qualités nécessaires pour progresser au tennis ?


- JP.N: Ce serait un bon sujet de thèse, nous pourrions en parler pendant toute une journée, mais essayons de faire simple. Dans le désordre, voici à mes yeux les 4 grandes qualités : Physique - Technique - Tactique - Mentale. Toutes sont plus ou moins liées, parfois même plus qu’on peut s’imaginer ! Par exemple, si je veux gagner un match, il me faut savoir faire des coups droits, revers et services : « technique ». Il faut tenter de gêner son adversaire lors d’un échange : « tactique ». Lors de longs échanges il faut accélérer, ralentir, se stabiliser, repartir : « physique ». Lorsque je suis mené 2/5 0/40, il faut savoir gagner 7/5 : « mentale ». Toutes ses qualités se travaillent en fonction de son niveau de jeu. On ne se déplace pas de la même façon lorsqu’on est 30/4 ou 5/6. Le coup droit d’un 3/6 sera plus percutant que celui d’un 30/2. Les choix stratégiques seront plus astucieux suivant votre classement. Mais en fait, LA, qualité nécessaire est évidemment de se faire plaisir. Avec le plaisir, on progresse à tout âge, ensuite un bon entraineur vous fera travailler le physique, la technique, la tactique et le mental…. tout est lié. La prochaine fois que vous devrez effectuer un passing, souriez, vous constaterez le résultat !


* B.V.: Les dirigeants du club et les habitués de la Gymnastique Volontaire connaissent ton dynamisme et ne t’ont jamais vu inactif. Les proches savent que tu es supporteur des «verts» au football. Mais quelles sont tes autres passions ?


- JP.N: Je suis un fou de musique, j’adore chiner dans le quartier Saint Michel de Paris où se trouvent de nombreux disquaires indépendants. Je peux passer 3 heures uniquement dans un seul magasin, à la recherche de l’objet rare, qu’il soit en vinyle ou CD. Je suis un fan de Dépêche Mode, j’ai tous leurs œuvres : album, single, maxi, import, remix, vidéo. Sur une île déserte, avec de électricité je prendrais mes albums de Dépêche Mode, Led Zeppelin, Daft Punk, Pink Floyd, Noir Désir, Chemicals Brothers, 2 Pac, Alain Bashung, Idéal J, Métallica, Bob Marley, Steel Pulse, Red Hot Chilli Peppers et mes BO de films. Je suis admiratif du grand cinéma (même si les goûts sont subjectifs) : mes maîtres ont Tim Burton, David Fincher, Stanley Kubrik, Charlie Chaplin, Gus Van Sant, Lars Von Trier, Alejandro Inarritu, les frères Cohen, Ken Loach et Hayao Miyazaki. Evidemment j’adore le sport, les grands noms du sport, les performances, les records. Un peu nostalgique, j’avoue que je préfère Carl Lewis à Usain Bolt, Platini à Zidane, Sampras à Fédérer. J’ai mon idée à ce pourquoi, mais c’est un autre débat …


* B.V.: Au niveau du club, comment juges-tu son évolution depuis ton arrivée, 21 ans déjà !


- JP.N. : le club fait partie des grands de l’Eure, que ce soit sur le plan des effectifs, des résultats sportifs et des équipements. Cette saison nous allons de nouveau dépasser la barre des 400 adhérents, moins bien qu’en 2012 avec 512 passionnés, mais un chiffre raisonnable s’il l’on se réfère aux chiffres de la FFT qui sont en baisse (environ - 5%). Nous avons un excellent pourcentage d’adhérents fidèles, malheureusement, nous avons du mal à fidéliser les nouveaux adhérents. Pourtant nous multiplions les animations pour toutes les catégories d’âges et de niveau. Côté trophée, nous avons toujours eu des champions de l’Eure et de Normandie, en individuel ou en équipe. Dans toute la région, on connait le TC

Gisors grâce à ses performances. Nos installations sont enviées par plus d’un club, les compétiteurs adverses nous complimentent souvent sur la qualité et l’entretien de nos équipements. J’espère que nos membres sont conscients de cette chance. Dorénavant, les associations se professionnalisent, surtout la nôtre, avec 5 salariés et un jeune en mission civique. J’ai le sentiment que les membres sont plus exigeants, sachant qu’ils ont à faire à des professionnels plutôt qu’à des bénévoles, si l’on compare aux années 90. Le club a toujours eu une équipe de dirigeants passionnés et soudés. Un chapitre s’est tourné avec ton passage de relais à Jean Paul, mais le livre n’est pas terminé. Bref, je pense que durant ces 21 années passées au club, l’image, la réputation du club n’a pas trop évoluée ou plutôt nous avons su nous adapter à l’époque actuelle : le TC Gisors reste un club connu et reconnu de par ses résultats sportifs, sa formation, ses équipements et surtout sa bonne gestion. Nous essayons au mieux de suivre l’air moderne via les réservations en lignes, le site internet et notre page Facebook. Evoluer c’est bien, mais garder sa marque de fabrique, son identité reste primordial.


* B.V.: Quels sont tes joueurs français et mondiaux préférés ?


- JP.N. : Comme tu sais, je n’ai pas un talent inné, j’ai donc dû apprendre, être

besogneux. C’est pourquoi je me retrouve, évidemment toute proportion gardée, en Rafael Nadal. Il faut quand même savoir que Nadal à tout gagné (sauf un Master), contrairement à Fédérer. Je n’ai jamais été fan du suisse, trop lisse, trop propre, peut-être. J’ai aimé regardé Edberg, Agassi, Hewitt, Nalbandian. Plus récemment, j’apprécie Wawrinka, Nishikori, Simon et Monfils. Du côté du tennis féminin, Hingis, Graff évidemment. Actuellement, j’aime bien Kerber et Muguruza. Personnellement, je trouve qu’à notre niveau, nous pouvons nous

inspirer du jeu du top 10 féminin. Concernant le top 10 masculin, on ne peut qu’admirer, difficilement imiter : ce sont des extra-terrestres du tennis !


* B.V.: Tu serais élu président de la FFT à l’AG de février 2017, quels changements apporterais-tu ?

- JP.N. : Evidemment je ne pourrai pas tout révolutionner. Quels seront les grandes priorités ? Avoir un représentant français vainqueur d’un tournoi d’un grand chelem dans les 5 années à suivre ? Tout part de la détection et de la formation. Nous sommes la nation la plus représentée dans le top 100, un enseignement reconnu dans le monde, des joueurs de talent, mais qui ne gagnent pas de grand chelem. Le très haut niveau est très exigeant.

Nos représentants n’ont peut-être pas envie de « se faire mal ». Leurs situations leurs suffissent probablement. Mais ce n’est pas moi qui vais donner des leçons à Tsonga.

Comme je le disais précédemment, redonnons du plaisir et de l’envie. Une autre de mes priorités serait de rendre le tennis plus attractif et d’inverser la courbe du nombre de licenciés qui chute depuis 3 ans. On constate qu’un joueur cherche souvent des partenaires de jeux. Il faudrait créer une licence ou adhésion nationale pour jouer dans n’importe quel club sans ou peu payer de supplément. Mais bien sûr, chaque joueur garderait son appartenance à son club d’origine. Rendre le tennis plus attractif, c’est également voir plus de tennis à la télévision sans pour autant s’abonner à une chaîne payante. Car comment s’intéresser à ce sport si l’on ne voit pas d’image à la TV. Espérons que les places pour le tournoi de Roland Garros vont finir d’augmenter. Il faut se moderniser certes, mais les passionnés en subissent les conséquences. Du côté administratif, les applications fédérales pour aider les clubs et les juges arbitres sont bien pensées, mais pas intuitives. Il faudrait, là également, moderniser les applications. C’est à croire que notre fédération est vieillissante.


B.V. : Merci à Jean Philippe, pour son travail colossal au sein du club. Polyvalent, il excelle autant comme animateur que comme moniteur. Avec l’expérience, ses capacités d’entrainer le haut niveau devraient rapidement croitre. De plus, ses talents de bricoleur économisent de nombreuses interventions extérieurs et notamment les services techniques de la mairie, permettant ainsi au club de fonctionner en quasi autonomie. Mon souhait le plus fort pour l’avenir du club, est qu’il continue à se sentir à l’aise dans sa 2e maison !

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